Découverte de l’Afrique – My Story Partie III

“Ils ont mangé notre nourriture, et oublié nos noms” Proverbe Tunisien

 

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Paris Gare du nord. Septembre 2008.

 

Ma première vraie rencontre avec l’Afrique a été lorsque j’ai déménagé à Paris. J’avais 18 ans. Et c’était la première fois depuis des années que je voyais autant de Noirs dans un même endroit. Paris Gare du Nord

Sur le moment j’ai dû penser : «  C’est l’Afrique ici ou quoi ? »

Et puis quelque mois après mon arrivée, je suis sortie avec l’un d’entre eux. Un Africain.

Cette relation a été une des plus importante de ma vie. Non seulement parce qu’il était et est toujours l’une des meilleures personnes que j’ai jamais rencontré mais aussi parce qu’il a totalement changé ma perception de la Terre Mère.

Il vient de la République de Centre-Afrique. Je ne savais pas que c’était un pays.

En fait, il est né dans le nord de la France, à Strasbourg. Il n’a été en Afrique qu’une seule fois, mais le pays d’où viennent ses parents a toujours été une importante partie de son identité.

Il m’a présenté à beaucoup de personnes d’origines diverses et variées, allant du Sénégal, au Mali ou à la Cote d’Ivoire. J’ai également rencontré des congolais, et des Zairois, qui ont aussi Congolais. Je ne savais pas qu’il y’avait 2 Congo.

J’ai découvert la culture du « sapeur » et le « coupé décalé »

Au final de découverte en découverte , j’ai réalisé qu’avant, je ne savais absolument rien de l’Afrique.

Je ne savais pas qu’il y’avait differents plats nationaux dépendant du pays. J’avais jusqu’alors mangé « africain » uniquement. Avec aucune distinction entre l’attieké ivoirien, le mafé sénégalais ou le ndolé camerounais.

Je ne savais pas que ce qu’on appele “aloccos” en Côte d’Ivoire est la même chose que les frites de plantain; que le bissap du Senegal, le foléré du Cameroun, faisaient référence à cette boisson faite à partir de fleurs qui poussaient dans mon jardin en Guyane : la fleur d’hibiscus.

Je ne savais pas que l’homme qu’on appelait « Bledard » parce qu’il parlait français avec son accent africain pouvait en fait parler couramment au moins deux langues alors que j’étais embarrassée de parler créole (ma langue natale) avec mon accent français; que cette « accent africain » que j’imitait avec des amis était si pluriel et pouvait sonner complètement différemment si je parlais avec un Guinéen ou un Togolais et que j’apprendrais à les reconnaitre (enfin, certains d’entre eux…)

Et que j’aurais le souhait d’en apprendre plus à propos de ce continent, à propos de chacun de ses pays avec toutes leurs éthnicités, leurs cultures, leurs histoires… et différences.

J’étais abasourdie par le nombre de chose que je ne savais pas.

C’était à Paris que ça m’a marqué pour la première fois : il n’existe pas qu’une seule Afrique comme je l’avais toujours supposée dans ma honteuse ignorance, mais bien de très nombreuses Afriques différentes et variées.

J’avais tout un nouvel univers ouvert devant moi, attendant d’être découvert par mon moi-inculte.

L’Afrique c’est 30,37 millions de km2, 1,216 milliards d’habitants, 55 pays, environ 2000 langues differentes.

Pouvez vous seulement commencer à imaginer quelle diversité elle offre dans des domaines tels l’art, la littérature, la musique, et la mode?

Combien d’écrivains, de poètes, de créateurs, de peintres talentueux sont là pour créer, questionner, et remettre en question et changer la façon dont l’Afrique se définit ?

Passée la stupeur suite à la reconnaissance de la profondeur de mon inculture, j’ai commencé à remarquer des ressemblances entre l’Afrique et ma propre culture Haitienne. Je me demandais pourquoi j’en savais si peu .

J’ai bien sûr appris l’esclavage à l’école, et qu’ils ont pris des gens d’Afrique, mais c’était d’une part, que très vaguement évoqué dans les cours d’histoire, et cela a toujours été du point de vue du « maitre d’esclave ».

« Oui on a pris des Africains, de leur Afrique (d’où ? Combien ? Comment ? Pourquoi?) mais on leur a donné la liberté quand cela nous a traversé l’esprit qu’ils étaient aussi des êtres humains. »

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Ce fut en parlant avec des Africains à propos de Haiti que j’ai appris deux choses essentielles à propos de mes racines :

1. Les Haitiens ont été supposément pris d’un pays précis d’Afrique : le Bénin.

2. Haiti est un symbole fort pour l’Afrique parce que c’est le premier pays à majorité noire à gagner son indépendance il y a de cela 212 ans après une guerre sanglante contre les forces coloniales françaises. Personne n’a donné leur liberté aux Haitiens.

Ils l’ont prise eux-même et le prix qu’ils ont dû payer pour cela a le goût du sang et des larmes.

 

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La statue du “Neg Mawon” ou de l'” Esclave Inconnu” créé  par Abert Mangones à Port-au-Prince, Haiti. Cette oeuvre est le symbole de la résistance des esclaves et de la révolution Haitienne.

Les autres parties de mon histoire ici :

 

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